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CAMBRIDGE AUDIO AZUR 840C
Trés belle fabrication; excellentes spécifications;
un son rapide et lucide. Du grand Art musical
Cambridge Audio Azur 840C
Nous avons été fortement impressionné par les qualités
musicales de l’intégré Cambridge Azur 640A (BE n°3)
qui, pour moins de 500 euros, offre un agrément d’écoute
de tous les instants grâce, en particulier, à sa restitution
d’un grand raffinement sur les timbres. Les ingénieurs de
Cambridge Audio ont une expérience enviable en termes de topologies
de circuits qui offrent des caractéristiques musicales instantanément
reconnaissables. Avec le lecteur/convertisseur Azur 840C, Cambridge propose
une véritable référence dans sa catégorie
de prix et bien au-delà par sa transcription à la fois généreuse,
somptueuse, à l’analyse précise, mais au déroulement
mélodique très souple. Avec ce lecteur, ils ont été
très loin dans l’étude d’algorithmes de suréchantillonnage
(qui leurs sont propres) pour effacer ces côtés un peu hachés
« biscotte » comme disent les musiciens en parlant de confrères
au jeu cassant et peu fluide), durs sur les harmoniques supérieurs,
troubles dans le grave. Or, le traitement ainsi réalisé
porte bien au-delà de ce que l’on pouvait rêver, en
apportant cette touche « très analogique », agréable
en toutes circonstances, avec une excellente capacité dynamique
qui ne se trouve pas compressée. Cela est d’autant plus intéressant
que l’on peut exploiter les vertus musicales du convertisseur intégré,
en plus de la platine CD incorporée, avec d’autres sources
numériques car deux entrées doublées (coaxiale/optique)
sont à disposition.
CONDITIONS D’ECOUTE
Le 840 C ne donne véritablement sa pleine mesure qu’après
quelques heures de rodage. Ensuite une mise en température d’au
moins un quart d’heure est nécessaire pour que les vertus
musicales de ce lecteur convertisseur intégré s’expriment
avec toute l’ouverture, ce côté très caractéristique,
chaleureux dans le haut-grave médium. Entre les deux sorties analogiques
symétriques et asymétriques, nous avons effectué
de nombreuses comparaisons en rétablissant à chaque fois
le niveau. Si le préampli et l’ampli qui suivent ont de réelles
entrées symétriques et travaillent selon cette configuration,
pas de doute à avoir, le Cambridge, qui lui aussi est réellement
symétrique dans sa technologie de conversion et d’étages
de sortie (voir Technologie par l’image), s’exprimera avec
le maximum d’ouverture et une stabilité incomparable des
interprètes dans l’espace stéréophonique. Cependant,
les sorties asymétriques sont très proches des résultats
obtenus avec celles symétriques (le degré de magnitude des
différences demande beaucoup d’attention auditive pour être
bien cerné, surtout si les câbles de modulation utilisent
les mêmes conducteurs et isolants). Cependant, les câbles
de liaison asymétrique ainsi que les prises peuvent modifier dans
d’assez grandes proportions, non seulement l’équilibre
tonal (très linéaire du Cambridge) et la tenue du grave.
Toutes les écoutes ont été effectuées en 24/384
après passage par le traitement spécifique.
ECOUTE
Avec le CD The Pulse, le 840C révèle instantanément
son caractère supérieurement mélodieux dans la combinaison
de détails du vent dans les arbres, les chants d’oiseaux,
la rumeur lointaine où tout s’intègre parfaitement
pour recréer un environnement plausible. L’attaque de la
grosse cloche est franche, non détimbrée, avec une décroissance
des amplitudes de résonances fort juste. Le promeneur a du poids,
ses semelles qui crissent sur le sol décrivent un arc de cercle
harmonieux jusqu’à la descente de l’escalier qui se
prolonge très loin derrière les enceintes. On remarque ainsi
un parfait maintien de la phase entre les canaux, impression confirmée
par les bruits de vagues qui se déchirent sur les rochers. En effet,
le mouvement de la mer « toujours recommencé » est
vraiment bien perçu au travers du Cambridge. L’énergie
est bien répartie entre le grondement sourd des rouleaux lointains
et les gouttes d’eau qui s’éclatent sur les rochers
avec un côté très liquide et non de feuille de calque
que l’on froisse nerveusement. Sur les coups des gigantesques tambours,
le Cambridge procure beaucoup de matière à l’impact
avec une excellente notion de développement du front d’onde
qui déplace réellement de l’air. Les différences
de hauteurs tonales entre les tambours sont très marquées
avec un environnement spatial bien déterminé. Mis dans d’aussi
bonnes dispositions, nous avons pu passer aux écoutes « réellement
musicales » qui nous ont confirmé tout le caractère
très fluide, très analogique dans le bon sens du terme,
de l’enchaînement des notes. Ainsi, sur Arthur H. Cool Jazz,
la phase d’intro entre batterie et contrebasse ressort avec «
souplesse », beaucoup de nuance et surtout un positionnement spatial
remarquable. De même, le soutien aux maracas ressort parfaitement
positionné jusqu’à « entendre » les grains
qui glissent et s’entrechoquent dans les coques. La voix d’Arthur
H. au timbre particulier ressort sans aucune agressivité, avec
un côté naturel évident, sans trace de distorsion
« électronique numérique » mais avec une sorte
de chaleur communicative dans le bas médium très humaine.
De même, les consonnes et voyelles explosives sont perçues
d’une manière plus naturelle « moins robot mécanique
» avec des intonations très marquées. L’intelligibilité
est naturelle, pas forcée, ni contrainte par une sorte d’hyper
définition qui lasse dans le haut- médium aigu. Le Cambridge
est distingué jusqu’au bout des harmoniques comme en témoigne
sa restitution de Vissi D’Arte, extrait de la Tosca de Puccini par
la soprano Renée Fleming. Le timbre de la voix de la soprano est
juste en hauteur, ne partant jamais en voix de tête agaçante,
mais gardant une souplesse expressive exceptionnelle. Sans arrondir cependant
trop les angles, l’orchestre en second plan apparaît soyeux,
non agressif avec un éclairage superbe sur les cordes qui se détachent
avec détermination. La cohésion avec l’espace acoustique
de la salle de concert est vraiment étonnante, l’orchestre,
la soprano, la salle de concert formant un tout indissociable d’une
grande beauté aussi bien sur les pianissimi que les fortés
où l’acoustique réagit proprement. Il est très
rare de rencontrer une telle cohésion entre le temps d’établissement
des notes, leur réaction sur la salle du lieu de l’enregistrement.
Impression totalement confirmée par la transcription du Concerto
pour violon de Brahms par Anne-Sophie Mutter avec l’orchestre symphonique
de Berlin, où toutes duretés sont abolies, mais où
l’acoustique du lieu de l’enregistrement est parfaitement
intégrée au jeu de l’ensemble des musiciens et de
la soliste. Le Cambridge semble faire « patte de velours »
pour ne jamais vous asséner des violons en « zinc »
qui, cependant, gardent à la fois leur mordant sur les attaques
d’archet, et leurs timbres propres. Toujours agréable et
remarquable dans le suivi mélodique, le 840C procure une grande
fluidité à l’écoute, loin du stress provoqué
par nombre de ses concurrents. Sur Miroir of Thruth, extrait de l’album
éponyme de Clara Ponty, le 840C procure au piano une densité,
une matière sonore très convaincantes, avec un délié
entre les notes remarquable. Le violon de « son père »
Jean-Luc Ponty sonne juste même sur les notes les plus élevées,
sans donner l’impression de « faire grincer des dents ».
Tout passe avec un côté liquide, serein, plein de nuances
sur la palette des timbres où de nouveau toute agressivité
est exclue. Les mêmes remarques peuvent être faites avec Eighthundred
Streets By Feet de l’album du groupe e.s.t. Tuesday Wonderland,
où le piano de Esbjôrn Swenson ressort avec un éventail
de timbres, de l’accompagnement à la main gauche jusqu’au
jeu mélodique de la main droite, d’une grande richesse harmonique,
sans dureté passagère sur la montée progressive en
niveau. La cohésion avec les percussions et la basse ne se déstructure
jamais.
Le 840 C révèle tous les strates de la prise de son et du
mixage, mais en gardant parfaitement le lien entre tous les effets sans
les découper en rondelles.
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